Le goût de son baiser noyait mes lèvres, cette sensation ne
me quittait pas, ne savait pas me quitter, je pensais à tout ce que
nous nous étions dit Tout le mal que j'avais à chercher et
trouver mon désir et mon plaisir, la triste certitude que je ne connaîtrai
jamais la joie des corps et tout ce que je lui avais confiéIl avait
décidé que cette journée serait pour moi, qu'il partirait à la
conquête de mon désir et de mon plaisir, qu'il ne se consacrerait
qu'à moi, qu'il pourrait tout prendre tandis que je lui donnerai tout
Je revis en un instant les matins à mon bureau, buvant ses mots comme
un nectar d'éternité, le ventre tellement serré de désir
qu'il m'arrivait de m'exiler aux toilettes pour m'y caresser, le 24 décembre,
où je pris la décision de l'appeler, et où je connus
sa voixJe me revis le soir du 31 décembre, où je pris un plaisir
inouï à me vêtir pour une soirée, qui, bien que
sans lui, en avait la couleurJe me rappelai des messages où je lui
faisais part de chacune de mes sensations, des vêtements que je portais,
lorsque je lui racontais comment je m'étais caressée en pensant à lui,
le plus souvent dans ma baignoire, accentuant ce plaisir solitaire par la
longue et intense puissance de l'eau sur mon sexe Je fis même des photos
de ces moments, que je lui envoyai, je me trouvais tellement changée,
métamorphosée par cet homme qui par ses simples mots, savait
me libérerJe lui avouai même m'être caressée un
soir en rentrant du bureau, dans ma voiture, arrêtée à un
feu rouge, moi qui me pensais pudique.
Et c'était cet homme que je suivais et qui m'emmena dans un petit
lotissement tout calme, dans une maison où il vivait au rez-de-chaussée
C'était la fin de la matinée ; il avait prévu de nous
préparer à manger et de nous réserver un après-midi
particulier Pendant qu'il s'affairait à son repas, refusant mon aide,
il venait à moi régulièrement, mangeant ma bouche, mon
cou, ma nuque avec gourmandise, ses mains glissant encore sous mon pantalon
et se frayant un chemin vers ma croupe, mon ventre, mon sexe affolé.
Tout en massant l'intégralité de ma peau, ses doigts s'insinuèrent
entre mes fesses, mon esprit eut un sursaut de surprise et de joie : avant
même de vérifier l'humidité de mes contours il s'enquit
de l'élasticité de ma rosace sombre qu'il pénétra
sans ménagement d'un doigt J'adorai cette sensation. Assise sur ses
genoux, je gémissais doucement de plaisir, son autre main capturant
mon sein extrait de son écrin de dentelle noire, mes yeux espérant
de le voir avalé par ses lèvres, mais il joua simplement avec
et le laissa ainsi exposé, soulevé et retenu par son encorbellement.
Nous nous sommes assis l'un à coté de l'autre pour manger
et nous avons un peu parlé d'écriture, une passion commune,
puis d'hommes que j'avais rencontrés avant lui ; il évoqua
son amie actuelle ; nous n'avons pas de limites, ou seulement celles que
nous nous sommes fixées ; et l'idée d'adultère nous
fait sourire. Le sexe serait-il le ciment de la fidélité ?
Il me revient en mémoire cette affligeante émission télévisée
où des couples se "mettent en danger" afin de vérifier
la solidité de leur fidélité sexuelle Je pensais depuis
toujours que je devais chercher ailleurs ce qui me manquait, c'est-à-dire
une révélation, quelqu'un qui parlerait à mon corps
au point de le faire tremblerC'est une forme de "hasard" qui m'a
fait rencontrer Thierry et qui m'a donné envie de me confier à lui,
allant tous les deux jusqu'à ce point de non-retour où nous
savions que nous devions nous voir parce que notre rencontre serait décisive
Lors de nos échanges, il m'avait parlé de ses fantasmes dont
l'un devint le mien, après un insidieux voyage dans les recoins de
ma pensée. Sentir sa main entière au plus profond de moi
Nous avons mangé comme l'on respire, sans y prêter attention,
puis vint le moment que je voulais et que je redoutais depuis tellement longtemps
Nous avions décidé d'un commun accord, mais non sans regret,
qu'il ne me pénètrerait pas de son sexe, ayant oublié lui
et moi d'apporter les précautions nécessaires
Il fit un détour par la salle de bains, puis vint mon tour : les toilettes
s'y trouvaient. Je découvris émerveillée mon sexe trempé,
au point qu'il en générait une odeur de désir intense,
qui humidifiait même mon pantalon ; comme une source ou plus exactement
la perplexité induite par une inondation, l'eau s'écoulait
de moi comme je ne l'avais jamais vu auparavant, j'étais en train
de devenir une autre femme et ce que j'allais accomplir ne faisait que le
confirmer.
Je rejoignis Thierry qui m'attendait sur son lit, vêtu seulement d'un
tee-shirt; il avait gardé son slip et me regarda m'asseoir sur le
rebord du lit, dos à lui, ôtant calmement mes vêtements,
mes chaussures, mon cache-cur, mon pantalon. J'aperçus sur la table
de chevet deux instruments de plaisir, un godemiché d'une taille impressionnante,
tant en longueur qu'en diamètre, et un autre plus petit, plus effilé,
qui me firent sourire. Je gardai mon soutien-gorge de dentelle noire ainsi
que ma culotte, ainsi qu'un débardeur pour le plaisir de le sentir
me les enlever. J'adore quand un homme me déshabille.
Je me retournai vers lui, agenouillée sur le lit, quand il vint plaquer
son visage entre mes fesses, faisant glisser ma culotte le long de mes cuisses,
pour me caresser interminablement de sa bouche, de sa langue, de ses mains
et de ses doigts qui s'introduirent partout en moi. Mes fesses, mon anus,
mon clitoris, tout ce qui se trouvait à sa portée était
dévoré de baisers, de sa langue qui se fondait en moi, de ses
doigts fiévreux et fermes qui soulevaient mon intimité J'étais
entravée volontairement par mon vêtement, je ne pouvais que
me laisser faire, la tête dans les draps, les cheveux recouvrant mon
visage et mes épaules.
Il me fit basculer sur le côté pour m'allonger sur le dos, enleva prestement son slip et ma culotte, mais conservant la vision de ma poitrine toujours retenue ; il souleva, comme j'aime, en un geste décidé, mon soutien-gorge vers ma gorge, laissant entrevoir mes seins liés par la dentelle Savait-il que j'aimais par-dessus tout être attachée pendant l'amour ? Cette pensée m'affola d'avantage. Il écarta mes jambes et son visage se perdit dans les replis mouillés de mon sexe, il transforma le temps en plaisir. Il happa ma vulve entre ses lèvres et se mit à me lécher, à me sucer, m'aspirer, tandis que ses doigts me pénétraient d'abord doucement, puis plus intensément. Je me pensais pourtant expressive, je ne fus que gémissements, plaintes de joie et soupirs, je n'eus même pas à l'inviter à continuer car ses gestes étaient magiciens, mes mains surnaturelles et sa bouche vouée à l'éternité Il adora sucer lentement, longuement mes petites lèvres, dont la nature m'a généreusement dotée, tout en massant mon clitoris de son pouce, et s'enfonçant en moi de ses doigts restés libres. Ainsi je sentis le plaisir se faire plus profond, la sensation incroyable d'être caressée par non pas un, mais plusieurs hommes et même, l'extraordinaire inaptitude à dire où se trouvaient ses doigts et sa langue, tant le plaisir était diffus et intense J'eus mon premier orgasme, qui sonna le glas de tant d'années sans plaisir communié, et qui initia le début de la femme en moi. J'eus tellement de plaisir succédé que je demandai grâce en me blottissant contre lui, un besoin de tendresse échangé me submergeant. Tout en l'embrassant, ne sachant comment le remercier de tant de joie partagée, il continuait à me caresser, comme pour me préparer à une aventure nouvelle
Ce fut à mon tour de jouer et le l'étendis sur le dos, chevauchant son ventre et frôlant son sexe avec le mien Je le pris entre mes mains, le caressai doucement j'ai toujours eu le souci de faire mal aux hommes puis en un geste de regret, l'abandonnai pour venir caresser sa poitrine, son grand corps, tandis qu'il m'observait et me parlait. Il captura mes seins, encore entravés, entre ses mains, et entreprit de les malaxer, de les pétrir, de les sucer tandis que ma vulve répandait des baisers mouillés sur son ventre et son torse, et que mes mains accrochaient ses épaules ou la tête du lit. C'est alors que je lui ai demandé. Je lui ai dit : Je veux être toute à toi Dans notre langage, il savait que cela voulait dire que j'étais prête à tout lui donner, même ce que nous voulions en secret, ce fantasme qui était le nôtre
Il m'a fait allonger sur le dos ; il m'a dévêtue entièrement, il a glissé un coussin sous mes hanches, il a encore ouvert mes jambes, il a de nouveau perdu son visage en moi, mais je voyais à présent ce qu'il faisait, je constatais de mes yeux sa belle uvre ; j'aime beaucoup voir ce que l'on me fait
Pendant que toute sa bouche se noyait dans l'eau de mon envie, ses doigts
entraient dans mon sexe, d'abord un, puis deux ; alors il ressortait et me
caressait encore, frôlant la face antérieure intérieure
- de mon vagin, huilant encore, interminablement, ma peau Sa main me caressait
toujours, tandis que ses lèvres faisaient naître des éclats
de plaisir dans mon sexe, me ramenant chaque fois au bord de l'orgasme, sans
jamais l'atteindre Tout en me dévisageant intensément, il enfonça
lentement ses doigts, puis je sentis, sans le savoir toutefois qu'il en entrait
un autrepuis un autreJ'étais comme écartelée de plaisir,
immobile pour garder intactes toutes les sensations, prêtes à incendier
tout mon corps Et plus ses doigts entraient en moi, vivaient en moi, plus
je sentais mon corps se tendre, mon ventre, ma tête au bord de l'extase,
un plaisir si fort qu'il en était presque nauséeux, il me prenait à la
gorge J'ai compris lorsque mes jambes, mes cuisses, relevées, se sont
mises à trembler lentement, puis plus fort, incontrôlables.
Thierry me regardait toujours étonnamment quand il vit la conséquence
de sa caresse, il sourit, il entra sa main encore plus profondément,
d'après ce qu'il me dit plus tard, jusqu'à la jointure de chacun
de ses doigts, sa chevalière y compris Il me demanda : "est-ce
que tu veux que je bouge ma main ?" ce à quoi je répondis
par l'affirmative en lui disant " oui, doucement " et c'est là que
j'ai senti le plaisir exploser, que mes jambes se sont mises à trembler
pendant un temps interminable, voué à l'éternité,
quand peu à peu il a retiré ses doigts. Jamais mes jambes n'avaient
tremblé de plaisir, jamais
Nous eûmes besoin d'une autre pause de tendresse où, blottis,
enchâssés l'un dans le corps de l'autre, nous avons évoqué ce
magnifique moment et nous sommes remerciés mutuellement d'avoir pu
se donner un si grand plaisir, lui pour m'avoir permis de vivre une si grande
jouissance tout en réalisant mon fantasme, et moi pour lui avoir donné l'occasion
d'être acteur de son rêve
C'est moi qui, pour parachever notre uvre d'amour, lui ai demandé d'utiliser les instruments de plaisir ; il a eu l'air étonné tout en esquissant un sourire amusé : il m'a dit que c'était surprenant que je puisse mouiller autant et encore ! Cette fois, - il a une force musculaire incroyable dans ses caresses- il m'a maintenu les mains le long de mes hanches tandis qu'il faisait pénétrer l'olisbos dans mon vagin, lentement, le laissant entamer sa progression à ma guise. Je sentais cet instrument tellement envahissant dans mon ventre, impression atténuée par la langue de Thierry qui avait retrouvé le chemin de ma vulve et de mon clitoris. Des frissons me parcouraient la peau, j'arquai mon dos, mes hanches, pour le laisser trouver sa voie, puis en un seul instant, en une seule fois, il entra en moi. Le plaisir coulait de moi en un lait transparent. Thierry lui donna son mouvement, je voulais voir ce qu'il me faisait, et je l'aperçus faisant coulisser le gode en un lent va-et-vient, il le sortait parfois presque complètement pour l'y enfoncer subitement Il me demanda de l'utiliser moi-même en me caressant avec, il m'observait avec attention et fascination, puis il le reprit en main et accéléra le mouvement de sa main, de plus en plus rapide, jusqu'à ce que je le supplie dans un cri car il venait de me faire jouirencore En magicien de ses actes, il ne retira pas le gode immédiatement mais lui donna encore quelques impulsions qui achevèrent de me satisfaire, me laissant pantelante et broyée de plaisir
La raison me ramena à la réalité quelque temps après, m'étant accordée quelques minutes de sommeil dans ses bras. Quelle heure pouvait-il être? Peu m'importait. Lorsque je jetai un regard au réveil il y avait trois heures que nous faisions l'amour
Nous nous sommes rhabillés, levés. Nous avons bu un café, presque sans mot dire. Le silence était pesant. Il me fallait partir, rejoindre ma destinée, qui n'était pas lui Parfois je me dis que le monde est mal fait. Mais bien souvent je pense le contraire
Un jour nous nous reverrons et cette fois-là, ce sera à mon tour de lui donner du plaisirbien qu'il dise que je lui en ai donné plus que de raison