
Si le show est un moment d' émotion qui m' est devenu indispensable, la photo reste une de mes passions...
La soirée s'annonçait sous les meilleures auspices et Natalie entretenait volontiers un voile de suspense, un nuage de mystère autour de sa personne. Certains s'en félicitaient et cédaient aux charmes du mystère, un indéniable atout dont elle usait avec subtilité et parfois malice. Les choses étant ce qu'elles sont, Lisa attendrait bien jusqu'à ce soir.
Mais que faire alors que plus aucune pensée ne pouvait occuper son esprit plus de trente secondes sans que les promesses de ces photos ne reviennent lui titiller les neurones. Et les mystères de Natalie ne l'aidaient pas à surmonter cet état obsessionnel. Que diable Natalie pouvait-elle bien avoir à dire qui aurait ou non un rapport, les choses dépendant d'elle, Lisa, avec ce qu'elles se proposaient de réaliser ensemble ?
Lisa choisit de se détendre un peu en surfant sur le Web. ... n'apporta rien de bien passionnant. Les recherches sur plaisir sexuel, expression corporelle, photographe, caresse, toucher, amour physique, nu artistique, ne donnèrent rien de très original et cela la laissa dans la conviction que le projet de ce photographe était bien, lui, très original.
Lisa relit alors le mail de Sophie Dubatelier et s'imprégna de chacun des mots. Cette demande de fournir des clichés lui revint alors à l'esprit et elle se demanda pourquoi Maxime Dubatelier demandait par avance d'apporter ce qui finalement devait être son oeuvre, pourquoi pensait-il qu'elle et Natalie pouvaient être en mesure de réaliser quelque chose qui, peut-être, était déjà en train de mûrir dans sa propre tête.
Imaginait-il qu'un autre photographe put déjà être impliqué ? Fallait-il qu'une anatomie masculine soit représentée alors que cela n'est pas au coeur de son projet initial ? Peut-être voulait-il s'assurer de la volonté de ses futurs modèles de s'impliquer dans sa recherche artistique.
L'art est un moyen d'exprimer, de communiquer des émotions, de les partager et par-là de rendre ces émotions plus intenses, plus vraies, plus authentiques, et cet homme a imaginé pouvoir dire avec des images combien le plaisir féminin est beau, à quel point il est d'une beauté absolue, originelle. Un tel absolu ne trouve à s'exprimer que par la voie artistique, par l'évocation, par la suggestion. L'image était mieux adaptée que les mots, l'image parlerait à l'inconscient qui peut-être laisserait remonter une émotion venue du plus profond de notre être intime. Encore fallait-il construire ces images et leur conférer ce pouvoir
Bientôt dix huit heures, Lisa décida de se préparer à cette soirée par une toilette soignée qu'elle commença par une épilation complète et précise. Le touché du rasoir neuf laissait sur sa peau un sentier de satin. La caresse de la nouvelle lame sur le mont de Venus lui fut si douce qu'elle en conçut une profonde excitation.
Le léger pincé tiré sur la lèvre, nécessaire pour que la lame atteigne cet espace si sensible entre sa fleur et la cuisse, lui arracha une grimace de plaisir. Le délicat glissé de l'acier laissait derrière lui un subtil infini de douceur et acheva de l'amener sur le chemin du besoin d'assouvissement. Lorsqu'elle entreprit les soins vers l'autre cuisse les secrétions de plaisir commençaient à poindre et leur parfum s'exhalait doucement.
Cette fragrance d'une tonalité étrange avait le don de lui ouvrir les horizons de la béatitude. Elle touchait à un paroxysme dès lors que le regard d'un amant sur son corps lui confiait le témoignage de l'émotion suscitée par les couleurs de cette essence. L'exercice du pouvoir de son corps l'épanouissait, la subtilité que chacun des sens pouvait y ajouter la laissait à chaque fois renaître en un univers de sensualité renouvelée.
La lame déposait sur la finesse de sa peau un voile de bonheur que deux doigts venaient immédiatement éprouver. Lisa ne pouvait dire lequel de ces deux mouvement lui apportait le plus de plaisir tant ils étaient complémentaires. Lorsque son intimité fut parfaitement lisse elle fit aisément glisser deux doigts en elle, lentement et profondément, lorsqu'ils réapparurent, gorgés du produit de son émotion, elle étendit le miel là où quelques instants auparavant l'acier avait tracé un chemin de bonheur.
L'alternance de la peau du doigt et de la fine extrémité de l'ongle la laissait sans force, le balai du retour vers le miel lui ouvrait doucement les portes d'un infini. Lisa porta un regard ému vers les reflets de son intimité et saisit entre les pouces et index les lèvres qui étouffaient encore l'éclat de son bouton d'amour. Le frottement du pouce et de l'index la fit frémir, un léger mouvement des doigts écarta les chairs et dévoila la volonté d'expression et la promesse de plaisir qui s'étaient épanouies dans ce petit nid.
Lisa s'envolait, à chaque seconde le battement des ailes du plaisir la rapprochait d'un ciel de bonheur. Désormais le monde n'existait plus, elle vivait un délice d'abstraction aux confins de ses sens. Un petit cri lui échappa lorsqu'un doigt de velours effleura pour la première fois ce dôme si sensible et source de plaisir. Un océan de béatitude l'entoura quand les doigts de l'autre main se glissèrent à nouveau en elles cherchant vers le haut la pression de l'autre main.
Les mouvements s'accéléraient, la pression s'accentuait, son souffle aiguisait la force des cris qui quittaient sa bouche, ses traits dessinaient une tendre grimace qui conférait à la beauté de son visage cette faculté de porter un message universel.
Lisa était trop à son rêve et n'avait pas remarqué le retour de Natalie qui depuis quelques instants s'efforçait de voir et entendre sans être remarquée. Le lancement du caméscope avait provoqué un léger bruit mais le monde de Lisa était bien trop distant pour qu'elle put y porter attention.
L'objectif ne manquait rien de la scène que Natalie ne pouvait discrètement observer que sur le petit écran coloré. Elle usait du zoom pour saisir toutes les nuances qu'exprimaient le corps de Lisa et regrettaient de ne pouvoir diversifier les angles de prise de vue. Toute à la tâche, la passion l'envahissait et laissait croître en elle un sentiment de félicité qu'elle n'avait jamais encore connu.
La respiration et les cris de Lisa annonçaient l'approche de l'apothéose et une force obscure, quelque chose d'impérieux, dictait à Natalie le devoir d'assurer la pérennité du souvenir. Les secondes de plaisir s'égrenaient, et Natalie visa la poitrine et le visage de Lisa dominé par les marques de la jouissance naissante.
Soudain, un cri plus intense abandonna la bouche de Lisa et s'amplifia, la folie de ses mouvements explosa et son cri disparut dans les saccades de son souffle. Natalie maintint le caméscope encore quelques secondes en un zoom arrière qui dévoila le corps entier de Lisa dévasté par l'intensité de l'émotion. Elle choisit ensuite de se retirer discrètement, de remettre le caméscope en place et de simuler son retour à l'appartement.
Natalie attendit quelques secondes qui lui parurent
bien longues, frappa de l'intérieur sur la porte d'entrée et ouvrit la porte avec
une force inhabituelle. Elle sourit en entendant les quelques pas hâtifs
de Lisa dans la pièce voisine.
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